Des sapeurs-pompiers sur les quais de Mboro

Monsieur Patrice MELOM, Directeur général du Port autonome de Kribi (PAK) a présidé en ce mardi 10 avril 2018, dans la salle des conférences de l’immeuble-siège de l’organisation qu’il dirige, la cérémonie de signature d’un protocole d’accord entre le Port autonome de Kribi (PAK) et le Ministère de la Défense (MINDEF), portant à la mise à disposition, dans la zone des opérations de Mboro, d’une unité d’incendie et de secours du Corps national des Sapeurs-pompiers. La cérémonie s’est tenue à 10h à Kribi, sous la présidence de Monsieur le Préfet de l’Océan.

La convention ainsi signée vise, pour le Ministère de la Défense, à mettre à la disposition du PAK, quelques dix-huit (18) personnels du Corps national des Sapeurs-pompiers, répartis sur le site du port de Mboro, ainsi qu’il suit :

  • Trois (03) sous-officiers supérieurs
  • Trois (03) sous-officiers subalternes
  • Sept (07) gradés
  • Cinq (05) soldats

La mission desdites personnes est ainsi la suivante, à première vue :

  • Assurer la garde d’incendie et de secours des installations du PAK
  • Assurer le bon usage et l’entretien des locaux, matériels et équipements mis à a disposition par le PAK
  • Faire respecter, par ses personnels, les consignes et règlements du PAK

Pour cela, le Port autonome de Kribi se rend comptable de toutes une série d’obligations qui garantissent la fiabilité et la continuité de cette extension du service public, dans la zone sensible du port de Kribi.

Une excellente nouvelle, pour le Port de Kribi, de voir enfin s’implanter, de façon concrète, une unité de sapeurs-pompiers dans la zone précise de ses opérations. Une attente qui a été longue et qui se traduit, en ce 10 avril 2018, par la signature de ce protocole d’accord entre le Port autonome de Kribi (PAK) et le Ministère de la Défense, institution faîtière du Corps national des sapeurs-pompiers. Selon le général de brigade Mahamat Ahmed, commandant du Corps national des sapeurs-pompiers du Cameroun va avoir, sur le droit fil de ses missions traditionnelles, les axes d’intervention suivants : lutte contre les incendies et les séquelles de toute autre calamité ; secours aux personnes et protection des biens dans la zone portuaire ; participation à la gestion des catastrophes arrivant en mer ou dans la zone des opérations portuaires

Aussi, le Corps national des sapeurs-pompiers peut-il être considéré comme la structure centrale responsable des situations d’urgence sur la totalité de la zone exclusive du Port de Kribi, à savoir, 26 000 hectares. Et cela, qu’il s’agisse des accidents de la vie courante que des catastrophes majeures pouvant arrivant dans ou hors des bateaux. Une expertise dans laquelle cette institution a, depuis longtemps, ses habitudes, comme cela fut tragiquement le cas lors de la catastrophe ferroviaire survenue à Eséka, dans la région du Centre, en octobre 2016. Sur le terrain en effet, les sapeurs-pompiers ont évacué les dépouilles, pris soin des blessés, rassuré les populations en état de choc, contribué à la sécurisation et au nettoyage du site de l’accident, etc. Un travail de sape qui n’est pas toujours mis en valeur. Malheureusement. Pourtant, les sapeurs-pompiers sont très proches des populations, que ce soit pour les accidents liés au feu ou pour des dommages domestiques. Leur numéro d’urgence, le 118, est de ceux qui sont le plus souvent appelés.

Le public, pas toujours reconnaissant, se plaît très souvent à tancer les sapeurs-pompiers qui arriveraient « en retard » sur les lieux des sinistres. Mais, comme le rappelle si bien le général de brigade Mahamat Ahmed, le public doit savoir que les sapeurs-pompiers ne sont pas seuls dans la longue chaîne des secours. Leurs actions demeurent tributaires entre autres, des lignes téléphoniques pour la réception des appels d’urgence. Très souvent les coups de fil sonnent dans le vide. Et malgré plusieurs interpellations des opérateurs agissant dans ce domaine, les sapeurs-pompiers ne parviennent pas toujours à faire rétablir correctement les lignes. Ensuite, il y a l’état des routes qui ne facilite pas toujours l’accès sur les sites des sinistres. Enfin, il faut noter l’incivisme de certains citoyens sur la voie publique qui rechignent à céder le passage aux véhicules prioritaires. Mais malgré toutes ces difficultés, les « soldats du feu » accomplissent leurs missions parfois au risque de leurs vies. Leurs seules récompenses étant très souvent, les remerciements des personnes secourues et la fierté d’avoir évité un sinistre